Le Nutri-Score arrive, qu’est-ce que c’est ?

Avez-vous entendu parler du Nutri-Score ? Ce système de notation des aliments en train d’être mis en place par un certain nombre d’industriels…

Le principe

Il y a quelques mois, nous vous parlions de l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score, aussi appelé 5C (pour 5 couleurs). Il s’agit de noter les produits alimentaires avec des lettres allant de A (pour les meilleurs produits) à E (pour les moins bons). Un fond de couleur, allant respectivement du vert au rouge, parachève le visuel de l’étiquetage pour encore plus de clarté. Ces notes sont attribuées en fonction d’un score unique qui s’échelonne de -15 (pour le top) à 40 (pour le flop).
L’algorithme original utilisé pour le calcul de ce score fut développé en 2005 par une équipe de chercheurs d’Oxford, mais il a ensuite été repris et modifié en 2015 par le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), afin de coller au plus près des recommandations du PNNS, donnant ainsi ce que l’ANSES nomme le « 5C modifié ».
Le 5C modifié se base ainsi sur 2 composantes intégrant au total 7 éléments.

-> Composante négative :

  1. l’énergie totale (calories)
  2. les sucres simples
  3. les acides gras saturés
  4. le taux de sodium

-> Composante positive :

  1. le taux de protéines
  2. la teneur en fibres
  3. le pourcentage de fruits et légumes de l’aliment

Un système déterminé comme le plus efficace…

Le Nutri-Score a beaucoup fait parler de lui, certains y voyant enfin une information claire, lisible et accessible au plus grand nombre, quand d’autres regrettent son extrême simplicité ou encore critiquent son caractère stigmatisant.
En septembre dernier, celui-ci avait fait l’objet d’une étude dans plus de 60 enseignes réparties dans 4 régions durant 10 semaines. Le 5C était alors opposé à 3 autres systèmes qui étaient eux soutenus par les industriels, dont le système SENS qui avait également été approuvé par l’ANSES et qui, au lieu de classer les aliments de bons à moins bons, les classe en fonction de leur fréquence de consommation (de « Souvent » à « Occasionnellement ou en petite quantité »).
À la suite de cette étude (critiquée pour de nombreux biais), le Nutri-Score a été déterminé comme le plus efficace. Le 15 mars 2017, la Ministre de la santé Marisol Touraine annonce donc retenir le Nutri-Score, et décide de le mettre en place au plus vite. Fin avril, plusieurs industriels et grands groupes de distribution dont Intermarché, Leclerc, Auchan et Fleury Michon, ont signé une charte d’engagement pour la mise en place du système à 5 couleurs.

En effet, aujourd’hui la législation ne peut obliger un fabriquant à apposer de quelconque logo, et fin mars déjà, de nombreux industriels dont Coca-Cola et Nestlé avaient déclaré ne pas vouloir du Nutri-Score.

…mais comportant un certain nombre de réserves

Il est trop tôt pour donner notre avis sur un tel système, seul l’usage et les changements des comportements alimentaires pourront témoigner de l’efficacité ou non d’un tel logo.
Nos seules réserves pour l’instant demeurent dans le fait que la densité nutritionnelle (c’est-à-dire la quantité de vitamines et minéraux) n’est pas prise en compte dans le calcul du score (alors que c’est le cas pour le système SENS), que tous les acides gras saturés sont mis dans le même panier (l’huile de coco par exemple obtiendrait un D avec ce système), que les additifs, colorants et conservateurs ne rentrent pas dans la composante négative (un produit pourra donc contenir autant d’additifs qu’il le souhaite, il ne sera pas pénalisé pour cela, et de ce fait, le 5C ne nous dispense donc toujours pas de lire les étiquettes et surtout la liste des ingrédients), ou encore le fait que les aliments sont finalement présentés comme étant « bons » ou « mauvais », alors que cette notion est scientifiquement obsolète sans préciser la dose et le contexte dans lesquels ils sont pris.

Notre conseil : plutôt donc que de considérer le 5C comme guide unique pour savoir quoi manger ou ne pas manger, utilisez-le plutôt pour comparer 2 produits équivalents. Faire la différence entre 2 yaourts, 2 plats préparés, 2 pâtes à tartinée, etc. nous semble pertinent (sans oublier de lire quand même les étiquettes pour minimiser les additifs), mais stigmatiser des produits comme le fromage ou l’huile de coco sous prétexte qu’ils n’obtiennent pas la note maximale ne nous apparaît pas comme une stratégie profitable, ni viable sur le long terme !
Gageons en tout cas que ce système obligera les industriels à plus de qualité, et que, tout comme le PNNS, il saura évoluer dans le temps pour s’affiner toujours plus…
contact@nutriting.com


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