Revenir à une consommation raisonnable et raisonnée, c’est non seulement agir pour la planète, mais aussi pour notre propre santé ! Nutriting vous explique pourquoi, et comment améliorer concrètement nos habitudes alimentaires.

Manger bio, local et de saison : c’est bon pour la planète… et pour votre santé !

Manger bio, local et de saison

Production et consommation de fruits dans le mondeConséquence inéluctable de notre société de l’abondance et de la consommation exacerbée, nous oublions d’où proviennent les aliments que nous consommons, et comment ils sont arrivés dans notre supermarché et dans notre assiette. D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, la plupart du temps, cela nous arrange bien de ne pas chercher à le savoir…

Ainsi, pour une grande partie d’entre nous, il est devenu normal de trouver des tomates en toute saison, de manger de l’ananas ou de la mangue quand bon nous semble, ou encore de pouvoir consommer un fromage de chèvre en plein hiver. L’inverse serait même tout bonnement incompréhensible !

Pourtant, à chaque fois que nous ignorons le bon sens de la nature, nous dégradons un peu plus la planète et notre santé…
Mais il est toujours temps d’agir dans le sens d’une consommation durable et responsable, et ce, en apprenant à manger bio, local et de saison.

Voici pourquoi, et comment…

Nos terres se meurent

Epuisement des terres fertilesUn chiffre choc, mais un chiffre clé : plus d’un milliard d’hectares de terres fertiles ont été stérilisés en un siècle par l’agrochimie, soit 25% des terres cultivables planétaires. Et cela ne va pas en s’arrangeant, puisque nous perdons chaque année 225 000 hectares de terres cultivables, tandis que la population mondiale ne fait qu’augmenter.

A cette allure, il ne resterait que trois siècles avant d’épuiser la totalité des terres cultivables dans le monde, et de finir d’en faire un désert inexploitable.

A ce sujet, le Professeur Claude Bourguignon, Directeur du Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols (LAMS), tire la sonnette d’alarme : « Les sols lâchent. Ils sont en train de lâcher. PARTOUT. Il faut s’en occuper ! Ou nous risquons de voir ressurgir les famines à une échelle jamais vue auparavant dans l’histoire de l’humanité. »

La faute à une culture intensive, qui épuise la terre de tous ses éléments sans lui laisser le temps de se régénérer, à des produits chimiques qui perturbent le fragile écosystème de nos sols, pourtant vital au bon développement des plantes et des arbres, et aux monocultures qui achèvent d’éroder nos terroirs.

La biodiversité agricole est menacée

La diversité de nos cultures et de nos élevages est grandement menacée : selon la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, aujourd’hui 75% de la nourriture mondiale provient de seulement 12 espèces végétales, et 5 animales.

Agrobiodiversité

Dans son analyse sur l’agrobiodiversité, la FAO note également que 6 races d’élevage disparaissent tous les mois, et que plus de 75% des variétés agricoles cultivées dans le monde ont disparu depuis 1900.

Le site Colibris nous rappelle d’ailleurs qu’une seule variété de fraises occupe 80% des surfaces mondiales consacrées à ce fruit, alors qu’il existe 1200 variétés de fraises sur la planète !

Le réchauffement climatique en cause

Lorsque vous mangez un fruit hors saison, ou qui ne pousse pas sous nos latitudes, cela ne peut vouloir dire que deux choses : soit il a traversé une partie du globe en avion ou en bateau, soit il a poussé sous serre surchauffée, souvent en plein hiver.

Or, l’un comme l’autre sont grands consommateurs d’énergies fossiles.

Par exemple, une banane de Guadeloupe parcours près de 7000 km avant d’arriver sur nos étals, par avion, train, camion.
Dans un rapport de 2006, l’Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable calcule qu’un seul kilo d’ananas du Ghana représente environ 5 kg de CO2 rejetés.
Or, ce sont des tonnes de ces produits qui transitent tous les jours par avion cargo…

Réchauffement climatiqueTout cela participe dès lors au réchauffement climatique, dont les effets se font déjà sentir et qui semblent même irréversibles à présent, ainsi qu’à la pollution de particules fines dues au diesel, qui causent des dizaines de milliers de morts prématurés en France tous les ans, comme l’explique l’Institut de Veille Sanitaire (INVS) dans un communiqué de septembre 2012.

Une économie et des emplois précaires

Les agriculteurs cumulent un grand nombre d’heures de travail hebdomadaire (54h en moyenne), avec un fort taux de pauvreté (24%), et une rémunération très incertaine selon les années (cf. l’analyse du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche).

Produire toujours plusLa grande majorité de ces paysans est dépendante des centrales d’achats, qui revendent ensuite aux grandes surfaces : ces dernières dégagent des marges de plus en plus confortables, en contraignant les paysans à produire toujours plus, au détriment de la qualité bien sûr.

Dans son Dossier noir de la grande distribution, l’hebdomadaire Marianne décrypte le circuit d’une laitue : achetée 9 centimes d’euros pièce au paysan ( !), elle est revendue 1,50 euros au consommateur (soit plus de 16 fois plus !), dont 65 centimes de marge sont perçus par le seul distributeur…

Paysans et enfants exploitésEt ce n’est guerre mieux pour les produits importés : fruits tropicaux, chocolats, cafés, thés, etc. sont souvent issus de productions peu contrôlées, où les paysans sont la plupart du temps exploités.
Ainsi, dans l’exemple du chocolat, 70% de la production mondiale de cacao provient des plantations de Côte d’Ivoire et du Ghana, où le travail et l’esclavage des enfants sont malheureusement monnaie courante.

Retrouver des aliments sains… et qui ont du goût !

Utilisation de pesticidesEnfin, la culture intensive requiert l’utilisation d’engrais et de pesticides, qui, comme nous l’avons vu, appauvrissent les sols, et par la même occasion, surprotègent les fruits et légumes qui développent alors moins de nutriments pour se défendre contre les agressions extérieures, et qui sont en conséquence nettement moins nutritifs. C’est notamment ce qu’a montré une récente étude menée sur les tomates biologiques, qui sont plus riches en certains nutriments.

Traitements chimiquesPar ailleurs, transporter les fruits et les légumes sur de longues distances nécessitent de les cueillir bien avant maturité, ce qui signifie encore moins de nutriments et de goût, sans compter la nécessité d’appliquer des traitements chimiques ou d’irradier les aliments afin de les conserver le plus longtemps possible.

En outre, les fruits élevés dans le respect de la terre et du produit ne contiennent pas autant d’insecticides que leurs homologues de l’agriculture intensive, dont on soupçonne aujourd’hui qu’ils seraient jusqu’à 1000 fois plus toxiques que ce qui pouvait être annoncé, selon une récente étude de janvier 2014, et contre lesquels plus de 1200 médecins français lancent un appel.

En clair, tous ces processus résultent en des aliments qui sont nettement moins denses d’un point de vue nutritionnel, ayant perdu une grande partie de leurs nutriments (vitamines, minéraux, etc.), à la fois en raison de sols déjà appauvris par l’agriculture intensive, mais aussi via les longs transports, le stockage, ou encore les traitements subis pour les conserver.

Mais finalement, la raréfaction de l’agrobiodiversité, c’est aussi l’appauvrissement du goût. En effet, quelle différence éloquente entre les tomates que l’on retrouve toute l’année sur nos étals et qui se ressemblent toutes, et une variété ancienne cultivée dans un jardin, comme une délicieuse tomate Ananas ou une succulente Rose de Berne !

Alors concrètement, que faire ?

L'avis de NutritingLocal, bio, équitablePour sauver la terre et notre santé, il ne semble y avoir qu’une seule solution : adopter les préceptes du bio, de la biodynamie ou de l’agriculture raisonnée, et tenter de respecter au maximum le rythme naturel de nos cultures, le tout dans une approche locale, en privilégiant les circuits courts.

Manger local et de saison, c’est aussi retrouver le goût des aliments, reprendre contact avec la nature, l’origine des aliments, et avec les personnes qui nous nourrissent.

Pour aller dans ce sens, voici quelques exemples d’actions concrètes que vous pouvez entreprendre :

  • Essayez d’éviter les hypermarchés et les grandes surfaces : elles dictent les règles du jeu aux agriculteurs, en serrant grandement les prix et en faisant des marges de plus en plus grandes.
  • Apprenez à cuisiner et à consommer les produits de saison : à ce titre, le site alimentation.gouv publie un panier de saison, avec les fruits, légumes, fromages, poissons, etc. que vous pouvez consommer chaque mois.
  • Préférez les denrées les plus proches, lorsqu’il n’y a pas de production française : par exemple, l’avocat d’Espagne plutôt que d’Israël, d’Afrique, ou d’Amérique latine. Le cas échéant, renseignez-vous sur le parcours des aliments : en l’occurrence, un long parcours en train est beaucoup plus écologique qu’un court trajet en avion ou en camion.
  • Privilégiez les labels équitables : pour les denrées introuvables en France notamment (comme le café, le thé ou le chocolat, dont il serait en effet dommage de vous priver), ils vous garantiront une rétribution juste au producteur local, et luttent contre le travail des enfants.
  • Privilégiez les circuits courts : faîtes le marché le week-end, en favorisant les producteurs locaux, et trouvez un supermarché bio avec une politique durable (certaines BioCoop et magasins bio passent au durable en signant une charte, afin de favoriser les agriculteurs dans un certain rayon).
  • Inscrivez-vous à une AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) : elles favorisent l’agriculture paysanne et biologique en mettant en contact des consommateurs avec des producteurs locaux, qui vendent ainsi directement leurs produits, sans passer par des centrales d’achat.
  • Achetez directement aux producteurs : certains sites le permettent, comme l’excellente initiative www.paysan.fr (dont vous pouvez aussi lire l’interview de Patricia Juthiau sur le site Conso Globe), ou encore le Petit Producteur.
  • Cultivez votre propre jardin : si vous avez un petit jardin, adoptez les préceptes du potager en carré, de la culture bio, et de la permaculture ; et si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à faire pousser quelques cultures en ville, sur vos balcons ou chez vous (certaines associations vous y aideront, comme Graine de Jardin), ou équipez vous d’un bacsac.

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