Tout savoir sur le cuivre
Le cuivre est un minéral que l’on oublie souvent, mais dont l’absence perturberait de nombreuses fonctions vitales. Cofacteur enzymatique dans des réactions aussi variées que la respiration cellulaire, la pigmentation de la peau ou la défense contre le stress oxydatif, il agit comme un véritable régulateur des métabolismes cellulaires. Pourtant, comme pour le fer ou le zinc, son équilibre est délicat : à la fois indispensable, mais toxique en excès.
Par nutriting
Publié le 19 juillet 2024, mis à jour le 2 juin 2026
Qu’est-ce que le cuivre ?
Définition du cuivre
Le cuivre est un oligo-élément essentiel présent dans l’organisme en très faibles quantités (environ 75 à 100 mg chez l’adulte).
Il intervient principalement comme cofacteur d’enzymes impliquées dans l’oxydoréduction, la protection contre les radicaux libres, et la synthèse de neurotransmetteurs.
Le cuivre circule dans le sang lié à une protéine appelée céruléoplasmine, qui assure à la fois son transport et une part de ses fonctions.
Découverte du cuivre
Le cuivre est connu depuis la Préhistoire, notamment pour ses usages métallurgiques. Son rôle biologique, lui, a été identifié au XXᵉ siècle, notamment à travers l’étude de maladies héréditaires comme la maladie de Menkes (carence) ou la maladie de Wilson (excès).
Les maladies génétiques rares telles que la maladie de Menkes (défaut de transport du cuivre, entraînant une carence sévère) et la maladie de Wilson (défaut d’excrétion du cuivre, entraînant une accumulation toxique) ont permis de mieux comprendre le métabolisme du cuivre chez l’humain.
A quoi sert le cuivre ?
Métabolisme énergétique
Le cuivre est indispensable à la production d’énergie cellulaire. Il agit comme cofacteur de la cytochrome c oxydase, enzyme terminale de la chaîne respiratoire mitochondriale. Cette enzyme catalyse la réduction de l’oxygène en eau, une étape cruciale dans la synthèse d’ATP, la principale source d’énergie des cellules.
Défense antioxydante
Le cuivre est un constituant de la superoxyde dismutase (SOD), une enzyme majeure de la protection antioxydante. Elle transforme les radicaux superoxydes, très réactifs, en peroxyde d’hydrogène, moins nocif. Cette action protège les cellules contre le stress oxydatif et le vieillissement prématuré.
Synthèse du collagène et de l’élastine
Le cuivre intervient dans la formation des tissus conjonctifs via l’enzyme lysyl-oxydase, qui catalyse la réticulation des fibres de collagène et d’élastine. Ces structures assurent la solidité et l’élasticité des tissus, notamment dans la peau, les vaisseaux sanguins et les os.
Pigmentation de la peau et des cheveux
Le cuivre est nécessaire à l’activité de la tyrosinase, une enzyme clé de la synthèse de la mélanine, le pigment responsable de la coloration de la peau, des cheveux et des yeux. Une carence en cuivre peut entraîner une dépigmentation ou des cheveux grisonnants prématurés.
Système nerveux
Le cuivre participe à la synthèse de plusieurs neurotransmetteurs, dont la dopamine et la noradrénaline, par le biais d’enzymes cuivre-dépendantes comme la dopamine β-hydroxylase. Ces neurotransmetteurs sont essentiels pour l’humeur, la vigilance et le bon fonctionnement cognitif.
Fonction immunitaire
Le cuivre joue un rôle crucial dans le développement, la maturation et l’activité des cellules du système immunitaire, notamment les lymphocytes et les macrophages. Il intervient également dans la formation des cytokines, ces messagers qui coordonnent la réponse immunitaire.
Quels sont les bienfaits du cuivre ?
Les allégations de santé officielles reconnues par l’EFSA concernant le cuivre sont les suivantes :
- Le cuivre contribue au maintien de tissus conjonctifs normaux.
- Le cuivre contribue à un métabolisme énergétique normal.
- Le cuivre contribue au fonctionnement normal du système nerveux.
- Le cuivre contribue à la pigmentation normale des cheveux.
- Le cuivre contribue à la pigmentation normale de la peau.
- Le cuivre contribue au transport normal du fer dans l’organisme.
- Le cuivre contribue au fonctionnement normal du système immunitaire.
- Le cuivre contribue à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
Dit plus simplement, cela signifie que le cuivre participe à la vitalité, à la défense immunitaire, à la bonne communication nerveuse et à la qualité des tissus cutanés.
Combien faut-il de cuivre par jour ?
Les références nutritionnelles en cuivre
Les références nutritionnelles actualisées pour le cuivre sont les suivantes :
| Groupes de population | AS | LSS |
|---|---|---|
| Nourrissons de moins de 6 mois | 0,3 | |
| Nourrissons de 6 mois et plus | 0,5 | |
| Enfants de 1 à 3 ans | 0,8 | 1 |
| Enfants de 4 à 6 ans | 1,0 | 2 |
| Enfants de 7 à 10 ans | 1,2 | 3 |
| Adolescents de 11 à 14 ans | 1,3 | 4 |
| Adolescents de 15 à 17 ans | 1,5 | 4 |
| Adolescentes de 15 à 17 ans | 1,1 | 4 |
| Hommes de 18 ans et plus | 1,9 | 5 |
| Femmes de 18 ans et plus | 1,5 | 5 |
| Femmes enceintes ou allaitantes | 1,7 |
Remarque : L’EFSA propose des apports adéquats (AI) légèrement différents des valeurs françaises : 1,6 mg/jour pour les hommes adultes et 1,3 mg/jour pour les femmes adultes. Ces recommandations tiennent compte des données d’absorption et de besoins métaboliques.
- Besoin Nutritionnel Moyen (BNM) : estimation (à partir des données expérimentales) des besoins nutritionnels individuels moyens pour une journée. Dis autrement, le BNM correspond à la valeur qui ne couvre le besoin que de la moitié de la population.
- Référence Nutritionnelle pour la Population (RNP) : estimation des apports quotidiens qui couvrent le besoin de 97,5% de la population.
La RNP est calculée la plupart du temps à partir du BNM, elle vaut alors 1,3 fois le BNM. - Apport Satisfaisant (AS) : estimation d’un apport moyen d’une population dont le statut nutritionnel est jugé satisfaisant. L’AS est utilisé quand le BNM (et donc la RNP) ne peuvent pas être estimés faute de données suffisantes, ou que l’estimation n’est pas satisfaisante.
- Limite Supérieure de Sécurité (LSS) : quantité maximale d’un nutriment susceptible d’être consommé en toute sécurité sur une longue période.
Quels sont les apports recommandés en cuivre ?
Les apports recommandés en cuivre sont estimés à environ 1,9 mg/j chez l’homme adulte et 1,5 mg/j chez la femme adulte selon les références nutritionnelles françaises. Les besoins augmentent légèrement pendant la grossesse et l’allaitement.
En pratique, une alimentation variée couvre généralement facilement ces besoins, notamment grâce aux abats, fruits de mer, oléagineux, graines, légumineuses et céréales complètes.
La supplémentation isolée en cuivre est rare et rarement justifiée chez les personnes en bonne santé. À l’inverse, un excès chronique peut devenir problématique, notamment en cas de supplémentation excessive ou de troubles du métabolisme du cuivre.
Où trouve-t-on du cuivre ?
Quels sont les aliments riches en cuivre ?
Les aliments les plus riches en cuivre sont :
- Foie (veau, porc, volaille) ;
- Fruits de mer (huîtres, crabes) ;
- Graines (sésame, tournesol) ;
- Noix (noix de cajou, amandes) ;
- Chocolat noir ;
- Légumineuses (lentilles, pois chiches) ;
- Céréales complètes.
Teneur des aliments riches en cuivre
| Aliment | Cuivre (mg) |
|---|---|
| Foie de veau | 15–20 |
| Huîtres | 4–7 |
| Graines de sésame | 1,4 |
| Noix de cajou | 2,2 |
| Chocolat noir (70%) | 1,7 |
| Lentilles cuites | 0,2–0,3 |
| Pain complet | 0,4–0,6 |
La biodisponibilité du cuivre peut être réduite par des excès de certains minéraux compétiteurs comme le zinc, le fer ou la présence de phytates, naturellement présents dans certaines céréales complètes et légumineuses. Cela peut limiter son absorption intestinale.
Carence et excès en cuivre
La carence en cuivre
Rare chez les individus bien nourris, elle peut survenir dans des cas particuliers :
- Nutrition parentérale sans supplémentation
- Maladies génétiques (ex. : maladie de Menkes)
- Malabsorption intestinale (maladie cœliaque, chirurgie digestive)
- Supplémentation excessive en zinc
Symptômes :
- Anémie hypochrome
- Neuropathies périphériques
- Baisse de l’immunité
- Troubles de la croissance
Selon l’ANSES :
”Les symptômes de la carence en cuivre sont divers et incluent notamment une anémie hypochrome, une hypercholestérolémie, une neutropénie, une leucopénie et une neuromyélopathie.
L’excès de cuivre
L’EFSA fixe la limite supérieure de sécurité (UL) du cuivre à 5 mg/jour chez l’adulte. Cette valeur tient compte du risque d’effets indésirables hépatiques observés à doses élevées.
Rare via l’alimentation, mais possible en cas de :
- Contamination de l’eau par tuyauterie en cuivre
- Supplémentation abusive
- Maladie de Wilson (accumulation génétique de cuivre)
Symptômes :
- Troubles gastro-intestinaux
- Atteintes hépatiques
- Atteintes neurologiques
Le cuivre est un oligo-élément clé pour de nombreuses fonctions vitales, allant de la production d’énergie à la santé de la peau, en passant par l’immunité et le système nerveux.
Son apport est généralement couvert par une alimentation variée. Les cas de carence sont rares, mais peuvent avoir des conséquences sérieuses. À l’inverse, un excès chronique, bien que peu fréquent, peut être toxique.
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FAQ : Le cuivre
Qu’est-ce que le cuivre ?
Le cuivre est un oligo-élément essentiel, présent en faibles quantités dans le corps, mais indispensable à de nombreuses fonctions biologiques, notamment comme cofacteur enzymatique.
Quels sont les bienfaits du cuivre ?
Le cuivre contribue à :
- Un métabolisme énergétique efficace
- Une bonne immunité
- La protection contre le stress oxydatif
- La pigmentation de la peau et des cheveux
- La synthèse de neurotransmetteurs
Quels sont les aliments riches en cuivre ?
On trouve le cuivre surtout dans :
- Le foie
- Les fruits de mer
- Les graines et noix
- Le chocolat noir
- Les légumineuses et céréales complètes
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