Les besoins en vitamine D seraient au minimum 8 fois supérieurs à ceux recommandés par les autorités de santé en France. L’analyse de Nutriting.

Nos besoins en vitamine D seraient plus importants selon les chercheurs

Nos besoins en vitamine D seraient plus importants selon les chercheurs

Quelle quantité de vitamine D faut-il consommer au quotidien pour éviter la carence ?
La question fait débat depuis plusieurs années…

Des besoins en vitamine D sous-évalués ?

Vitamine DEn France, les autorités de santé (ANSES) affirment clairement que les apports nutritionnels conseillés sont de 200 UI de vitamine D3 par jour. Une telle dose (relativement infime), qu’on retrouve dans 50 g de saumon, suffirait à prévenir les carences et à conserver la santé. Une supplémentation ne serait donc aucunement nécessaire.
Conformément à ces recommandations, la Haute Autorité de Santé a rendu un rapport fin 2013, dans lequel elle affirme que la mesure du taux de vitamine D dans le sang est parfaitement inutile1.

Ces affirmations génèrent de nombreuses questions. En effet, si l’alimentation couvre facilement les besoins, comment expliquer les résultats de l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) qui a mesuré un déficit en vitamine D chez plus de 80% des Français2 ? Et comment expliquer les recommandations de l’Académie Nationale de Médecine, qui affirme que les besoins quotidiens en vitamine D doivent être réévalués à 1000 UI par jour, soit 5 fois plus que ceux préconisés par l’ANSES3 ?

Des taux de vitamine D plus importants seraient nécessaires

Capsules vitamine DDes chercheurs américains ont voulu comparer l’effet d’une supplémentation à 1000, 2000 ou 4000 UI par jour, pendant trois mois en hiver sur 328 personnes. Avec un taux sanguin moyen de départ de 15 ng/mL, la majorité des participants étaient donc en déficit, de manière comparable à la population française.

Au bout de trois mois, les résultats des chercheurs sont sans appel : pour dépasser 20 ng/mL (un seuil universellement reconnu comme témoin d’une carence), 1640 UI de vitamine D3 par jour sont nécessaires dans 97,5% des cas.

Mais les chercheurs vont encore plus loin : ils estiment que « pour atteindre le taux de 33 ng/mL, à partir duquel les études d’observation ont constaté une diminution du risque de cancer et de maladies cardiovasculaires, 4000 UI par jour au minimum sont nécessaires dans 80% des cas4 ».

La recherche contredit les autorités de santé

Il est assez étonnant de constater un déséquilibre si fort entre les recommandations de l’ANSES, la réalité du terrain (i.e. les mesures de l’INVS), l’Académie de Médecine et les données issues de la recherche.

Objectivement, toutes les données scientifiques tendent à recommander des apports en vitamine D plus élevés.

C’est d’ailleurs ce qu’a fait la Norvège (un pays où l’ensoleillement ne permet pas de produire de vitamine D en hiver, comme en France), en passant l’apport quotidien recommandé à 800 UI en mai 2013.

A l’inverse, l’ANSES a diminué les apports recommandés en vitamine D : fixés à 480 UI par jour en 1992, ils sont redescendus à 200 UI en 2001, sans aucune justification scientifique. Certains journalistes indépendants vont jusqu’à affirmer que les divergences de l’ANSES seraient le fait de ses experts fréquemment en situation de conflits d’intérêts, farouchement anti-compléments alimentaires et pro-médicaments.

L'avis de NutritingQuoi qu’il en soit, Nutriting estime que les recommandations officielles sont vraisemblablement très en-deça de la réalité, et recommande la plupart du temps de se supplémenter en vitamine D pendant la saison froide.

Ainsi, pour donner simplement un ordre d’idée, en général plus de 2000 UI par jour sont nécessaires pour élever son niveau au-dessus des minimums (mais il arrive que ce soit le double…), et certains experts en la matière conseillent généralement de prendre 1000 UI / 15kg de poids corporel (ce qui correspondrait par exemple à 4000 UI pour un poids de 60 kg), de manière à viser les 40 ng/mL.

Bien entendu, il faut bien garder en tête qu’il ne s’agit là que d’indications d’ordre empirique, qui peuvent varier d’une personne à une autre. Le mieux est donc toujours de suivre son taux au fur et à mesure, à l’aide de bilans sanguins au bout de quelques mois, puis d’ajuster au besoin.

Références :

(1) La HAS ne reconnaît pas d’utilité au dosage de vitamine D en routine. Communiqué de presse du 30 octobre 2013.
(2) Vernay M. et al. Vitamin D status in the French adult population: the French Nutrition and Health Survey (ENNS, 2006-2007). Usen, invs, Avril 2012.
(3) « Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D – Rapport, conclusions et recommandations », Académie nationale de médecine, 29 mai 2012.
(4) Kimmie Ng, Jamil B Scott, Bettina F Drake, Andrew T Chan, Bruce W Hollis, Paulette D Chandler, Gary G Bennett, Edward L Giovannucci, Elizabeth Gonzalez-Suarez, Jeffrey A Meyerhardt, Karen M Emmons, Charles S Fuchs. Dose response to vitamin D supplementation in African Americans: results of a 4-arm, randomized, placebo-controlled trial. Am J Clin Nutr 2014 ajcn.067777.

About Julien Venesson

Julien Venesson est expert indépendant en nutrition. Il est l'auteur des livres "Nutrition de la Force", "L'Assiette de la Force" et "GLUTEN, comment le blé moderne nous intoxique". Site officiel de Julien Venesson : http://www.julienvenesson.fr/

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